Apprendre à Dire Non Et S'affirmer

Apprendre à dire NON au travail (et dans vos relations privées).

Savez-vous que ce que vous ne faîtes pas contribue tout autant, sinon plus, à votre réussite ?  Cela peut vous paraître incongru et contre-intuitif mais réfléchissons-y quelques instants.  Le temps passé en réaction aux demandes extérieures, à moins qu’elles n’aillent dans votre sens et ne servent vos intérêts,  ne sera pas consacré à la création et à l’avancement des projets qui vous tiennent à cœur.  Apprendre à dire non c’est dire oui à vos priorités, oui à ce qui vous épanouit.   C’est entendre cette petite voix intérieure quand elle vous dit « refuse ou tu vas le regretter ».

Pourquoi est-il difficile parfois de dire non ?

Tout d’abord nos modèles éducationnels reposent bien souvent sur l’obéissance.

Et puis la plupart d’entre nous aimons aider.  Parfois la générosité, la gentillesse ou l’envie de plaire vous pousse à tout offrir à tout le monde, même ce bien des plus précieux : votre temps.  Mais n’avez-vous pas remarqué que ce sont souvent les mêmes qui disent oui, devenant en cela une habitude, qui une fois installée, rend le non encore plus difficile à exprimer ? Ainsi, le oui, cadeau à l’origine se transforme en obligation.  Il est un des terreaux fertiles à un burn-out.

Alors,  apprendre à dire non c’est accepter de se confronter à ses peurs profondes et celles liées aux conséquences éventuelles du refus.  Lorsqu’il s’agit de votre supérieur, ce sont les peurs de critiques publiques, d’autoritarisme, de mise au placard ou de perdre votre travail  qui peuvent surgir. Face à un collègue, vos peurs sont souvent en lien direct avec votre besoin d’appartenance ou d’intégration sociale.  Ainsi la crainte d’altérer votre relation, d’engendrer une mauvaise ambiance de travail, ou pire, d’être rejeté. Ces risques, bien que réels sont très excessivement surestimés. 95 % de vos peurs ne se réaliseront jamais et une bonne partie de ce qui arrive est, de toutes façons, inévitable.

 

Mais comment dire non, dans le cadre professionnel, sans paraître négatif ? 

Si les craintes et les enjeux sont différents,  la méthode pour dire non à un supérieur ou à vos collègues ne diffère pas fondamentalement.

Voici quelques clés :

Préparez-vous en étant au clair avec ce que vous êtes prêt(e) à accepter ou pas.

Plus vous serez conscient(e) de vos valeurs, de vos priorités, de vos propres besoins, plus il deviendra facile de trier les demandes. Par exemple faire un tri entre ce qui est intéressant et ce qui est vraiment important, entre la volonté de plaire et le plaisir que vous en retirez, entre le réflexe d’obéissance et l’engagement réel, …

Si vous l’estimez nécessaire, prenez du recul.

N’hésitez pas à demander un délai (bien souvent quelques minutes suffisent) avant d’émettre votre réponse.  Le temps de vous poser quelques questions pour faire un choix conscient et assumé.

  • Que craignez-vous en cas de refus ?
  • Quels sont les risques objectifs, si vous dites non ?
  • Qu’est-ce que ça vous coûte, si vous dites oui ?
  • Qu’est-ce que ça vous apportera, si vous dites oui ? Et si vous dîtes non ?
  • Allez-vous privilégier le risque de pertes ou les bénéfices ?
  • Quel est votre choix gagnant ?

Faites un choix pesé, en conscience.

Exprimez votre refus de manière assertive

  • Restez calme et humain.

Rien ne sert de répondre sèchement ou de marquer votre irritation. C’est une demande que vous rejetez, pas son auteur.

  • Evitez d’endosser le rôle de victime (triangle de Karpman) …

En vous plaignant d’être trop sollicité(e) ou déjà complètement débordé(e)

  • Apportez des éléments factuels et constructifs pour justifier votre désaccord.

Dites votre envie d’aider mais que le manque de temps ou de compétences vous en empêche. En cas de manque de temps, rappelez les priorités sur lesquelles vous vous êtes déjà engagé(e).  Manque de compétences ?  Demandez une formation ou un accompagnement pour pouvoir répondre positivement à d’autres demandes similaires dans le futur.  En agissant de la sorte, vous marquez votre bonne volonté.

  • Jacques Salomé[1] propose deux moyens de rendre votre position plus efficiente :

    • La confirmation active : « J’ai bien entendu votre demande de faire ceci ou cela, mais je suis déjà engagé(e) dans telle tâche prioritaire ou vis-à-vis de telle personne.»
    • Le refus : un rejet de la demande mais un positionnement personnel positif. « J’aimerais bien te rendre ce service, mais je ne suis pas disponible… »
  • Dans le même ordre d’idée, proposez des alternatives :

Un autre moment où vous pourriez exécuter la tâche demandée par exemple. Ou de donner quelques indications à un collègue moins surchargé pour qu’il puisse exécuter la tâche en question.

  • Restez ferme et sans ambigüité.

Suite à votre refus, votre interlocuteur risque d’insister, de trouver de bonnes raisons pour vous d’accepter. Ne vous laissez pas déstabiliser et influencer par ses contre-arguments.  Pour résistez aux pressions, évitez de répondre à ces objections et privilégiez la technique du disque rayé « Oui, je comprends tout à fait ta situation,  mais dans le cas présent ça ne va pas être possible. »  « J’aimerais pouvoir t’aider mais je me dois de refuser pour respecter mes engagements », …

Tenez bon, dans la plupart des cas, au bout de quelques  fois, votre demandeur abandonnera.

 Apprendre à dire non c’est aussi apprendre à dire oui.

Evitez l’abus du refus.  Ne tombez pas dans l’excès inverse et, sous prétexte d’affirmer votre personnalité, d’opposer un refus systématique à toute demande qui sort un peu du cadre strict de votre mission.  Rappelez-vous que vous appréciez également une aide extérieure en certaines circonstances.

Alors, dites oui chaque fois que cela est possible et que c’est votre choix conscient. Lorsque le non est rare, il apparaît comme beaucoup plus légitime et est plus facilement accepté.

N’hésitez pas à valoriser votre oui pour qu’il ne soit pas considéré comme acquis en tout temps.  Le simple fait de reporter votre réponse, permettra déjà d’enlever le caractère automatique de votre accord.  Dans ce cas, n’hésitez pas à mentionner l’effort demandé par une réponse du type « Bon, j’ai réussi à m’organiser, je peux t’accorder deux heures pour ce travail, est-ce ok pour toi ? ».  Dit avec un grand sourire pour marquer le plaisir d’aider, c’est encore mieux.

En agissant de la sorte, vous obtiendrez du respect et de la crédibilité. Vous gagnerez en estime personnelle, en motivation et en engagement dans votre travail.

Vous dîtes trop souvent NON ?  Peut-être est-il temps de prendre du recul pour en déterminer les raisons.

 

Pourquoi apprendre à dire non ?

Le fait de ne pas savoir dire non a des conséquences bien fâcheuses :

  • Culpabilité, colère, ressentiment et frustration envers vous-même ;
  • Impression de subir avec un risque de dévalorisation personnelle et/ou de victimisation ;
  • Absence de plaisir dans le travail et risque de démotivation ;
  • Dispersion et manque d’efficacité ;
  • Stress imputable à la surcharge de travail et le sentiment d’être débordé ;
  • Risque de surinvestissement et de burnout.

Alors que dire oui à bon escient et poser vos limites dans le respect de chacun vous permet de vous  protéger,  de vous affirmer et de renforcer votre estime personnelle. Cela contribue également à construire, dans le temps, des relations saines dénuées de manipulation et de tensions.

La bonne nouvelle c’est que plus vous allez dire non, plus cela deviendra facile de le faire et ce avec sérénité. Il ne vous reste plus qu’à pratiquer pour ne pas générer des attentes irréalistes, garder votre équilibre et vous épanouir.

 

[1] Le Courage d’être soi, Jacques Salomé

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