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Et si notre épanouissement au travail dépendait avant tout de nous ?

Comme nous l’avons évoqué précédemment,  nos perceptions font notre réalité (voir l’article ici). Nous évaluons une situation en fonction du prisme de nos expériences passées et des émotions générées. Cela fonde notre système de croyances.  La satisfaction au travail ne fait pas exception à ce processus. Aussi, nous vous proposons aujourd’hui d’explorer des solutions efficaces pour agir sur votre qualité de vie au travail.

Les pièges de la satisfaction

Le premier piège dans lequel il est coutumier de tomber, c’est la généralisation : tout devient bon ou mauvais, positif ou négatif, dopant ou sclérosant, en fonction d’un seul critère d’appréciation. Par exemple, je reçois une mauvaise remarque de mon patron et d’un seul coup, tout est à jeter. « Je n’en peux plus ». Le monde vient de s’écrouler.

D’autre part, la tendance naturelle est d’accorder plus de poids aux sources d’insatisfaction qu’à ce qui peut être apprécié, valorisé et source de fierté.

Un événement fâcheux ou décevant va gâcher une journée entière voir une semaine alors qu’à l’épreuve des faits et d’une analyse, le bilan de cette même journée pourrait être foncièrement positif.

La mise en perspective

En cas d’insatisfaction, nous vous proposons de faire l’exercice de mise en perspective suivant :

  • Tout d’abord combien de temps le dit l’évènement contrariant a perturbé le bon déroulement de votre journée ? Une heure, deux ou trois ?  Sur une journée de 24 heures, il reste encore de nombreuses heures qui peuvent apporter leur lot de satisfactions.
  • Ensuite, est-ce le fait lui-même qui est grave en soit ou l’importance qui lui est accordée ?
  • Enfin, en relativisant quelque peu, en gérant l’émotion désagréable et limitant son emprise sur notre humeur, n’aurait-elle pas pu perdre de son intensité et de son impact sur la journée ? La réponse est certainement positive. Quelle sera son influence à une semaine, un mois ? Vous aurez remis de l’ordre et de la perspective.

Ce simple exercice, qui doit devenir un rituel, met en avant à quel point la satisfaction est avant tout une question de critères, d’intelligence émotionnelle, de représentation personnelle et donc de choix.

Les critères de la satisfaction au travail

Mesurer votre satisfaction au travail de manière globale sans tenir compte de  votre personnalité,  vos valeurs,  vos priorités n’est guère pertinent.  Dans nos accompagnements, nous estimons que la seule base de travail appropriée s’inscrit dans une approche personnelle tenant compte des critères et de leur importance pour chacun.

Avant toute chose, il nous parait opportun de rappeler que la satisfaction est le contentement ou le plaisir que nous éprouvons quand les choses sont telles que nous pouvons les souhaiter.  Elle est  avant tout basée sur le ressenti  et l’interprétation de la situation et non sur sa réalité.

Parmi les critères de satisfaction les plus courants, on relève :

Au niveau du travail lui-même

  • La reconnaissance en tant que membre du groupe et pour ses talents ;
  • Le support obtenu de la part de son supérieur hiérarchique et de ses collègues ;
  • L’intérêt porté aux tâches à accomplir, le sens qui leur est donné et l’impact qu’elles ont sur le projet commun ;
  • L’autonomie dans le poste occupé ;
  • La capacité d’exploiter ses talents (naturels) et de pouvoir les développer ;
  • Etre entendu, consulté et/ou impliqué dans les décisions ;
  • Recevoir des retours d’informations de la part de la hiérarchie ou des collègues afin de connaître ce qui peut être apprécié ou amélioré ;
  • La faculté de ne pas être sans cesse débordé ou noyé dans le travail.

Au niveau de l’organisation

  • La sécurité d’emploi ou du moins le faible risque de licenciement ;

  • La transparence, la clarté, l’honnêteté dans la communication ;
  • Une certaine stabilité dans le management et les équipes ;
  • Les possibilités d’évolution et de promotion ;
  • Un horaire flexible ou d’autres dispositions privilégiant l’équilibre vie privée – professionnelle ;
  • Une ambiance conviviale, où les situations de stress et d’inconfort sont limitées ;
  • Disposer d’un espace agréable et des outils performants pour mener à bien sa mission.

Pour donner plus de justesse à l’évaluation globale de la satisfaction, chacun de ces critères devrait être pondéré en tenant compte de l’importance que vous lui accordez.

 

De la satisfaction à l’autosatisfaction.

Puisque la réalité du terrain est moins déterminante que sa perception et le ressenti qui en découlent, il est pertinent de se poser la question de savoir si le bien-être au travail dépend vraiment de ces facteurs extérieurs ?

En d’autres termes, ne dépendrait-il pas, ne fut-ce que partiellement de nous, de notre propre capacité à identifier et nourrir notre satisfaction ?

L’autosatisfaction est souvent perçue comme de la suffisance.  Pourtant accepter son sens de « sentiment de contentement au regard de sa situation, de ses propres réalisations » offre une réelle opportunité de reprendre son autonomie, notamment via la psychologie positive, pour nous permettre d’accroître notre bien-être.

De l’apport de la psychologie positive …

Martin Seligman, ancien Président de l’American Psychological Association et fondateur de la psychologie positive, raconte souvent cette anecdote personnelle qui a complètement révolutionné son point de vue sur la psychologie.

Accompagné de sa fille alors âgée de cinq ans,  ils arrachaient ensemble les mauvaises herbes.  Au lieu de se s’appliquer à un travail ordonné,  la petite Nikki jetait les herbes en l’air, chantait et s’amusait. Le professeur se tourne vers sa fille et la gronda en élevant la voix.

Elle partit en pleurant mais revint un plus tard en interpellant son père.  : « Papa, tu te souviens que je pleurnichais tout le temps quand j’avais 4 ans ? L’année suivante, j’ai décidé d’arrêter. C’est une des choses les plus difficiles que j’aie faites. Si j’ai pu arrêter de pleurnicher, tu peux certainement arrêter de râler tout le temps ! »

De cette expérience, Martin Seligman dira qu’il a compris une chose essentielle : qu’il est possible de passer à côté de la vie si l’on n’entraîne pas son esprit à percevoir ce qu’il y a de gratifiant et de joyeux plutôt que se concentrer uniquement sur les difficultés.

L’objectif de la psychologie positive est de nous apprendre à développer notre capacité d’aimer et à être aimé, à donner du sens à nos actions, à développer notre responsabilité et à être résilients face à ce que nous ne pouvons pas changer.

Développer son autosatisfaction c’est :

  1. Ne pas oublier que notre présent est le résultat de nos pensées, de nos décisions et de nos actions passées.  Si l’histoire qu’on nous propose ne nous plaît pas, rien ne nous empêche de la modifier, de la réécrire pour faire émerger les émotions et sentiments que nous désirons et améliorer notre futur. Cette visualisation des satisfactions futures augmente notre motivation.
  2. Prévoir du temps pour ce qui nous passionne, ce qui nous fait vibrer, ce qui nous « énergise », nous transporte, nous remplit,  nous fait rêver …
  3. S’entraîner à valoriser ses sources de satisfactions ou ses succès, même les plus petits et les mettre en lumière.  Il est ainsi conseillé de noter, chaque jour, dans un petit carnet, 3 choses dont nous sommes fiers, 3 choses pour lesquelles nous éprouvons de la gratitude, 3 choses positives que nous avons vécues au cours de la journée.  Ce petit exercice, que nous transformerons en rituel par exemple au moment du coucher favorise la création de nouvelles connexions neuronales qui entraînent le cerveau à reconnaître et éprouver la satisfaction.  C’est ce qu’on appelle développer le circuit de récompense du cerveau.
  4. Développer les échanges positifs en favorisant les relations saines et constructives, s’intéresser et se connecter à l’autre.  Partager des bons moments permet de nourrir un bonheur réciproque.
  5. Utiliser le pouvoir des compliments et développer la reconnaissance sont les meilleurs moyens de les obtenir en retour.  Ici aussi, la loi d’attraction s’applique 😉

 

L’équation de la satisfaction

Satisfaction = résultat – attentes

Si on peut agir sur son évaluation de la satisfaction, on peut également agir sur les deux autres composantes.

Les attentes

Vos attentes sont-elles clairement définies ?  Si vous n’attendez de votre travail qu’un échange temps-argent, votre satisfaction ne durera qu’un laps de temps très court lorsque vous recevrez votre paie.  Revoir vos attentes à la hausse et prendre les actions adéquates pour les atteindre est un excellent moyen d’augmenter votre satisfaction et votre bien-être au travail.

Vos attentes sont-elles réalistes ?  Si vous attendez une promotion mais que vous ne faîtes rien pour que votre travail soit reconnu, ni pour augmenter vos compétences, ni pour vous faire apprécier de vos collègues et de votre management, vos chances d’atteindre votre objectif sont très faibles.

Rappelez-vous cette citation de Michaël Kami  « Une vision sans action n’est qu’une hallucination ».

Le résultat

Le résultat obtenu est un retour indicatif sur les actions posées.  Soient elles ont produit le résultat espéré et vous êtes dans la bonne direction.  A défaut, vous savez que vous auriez intérêt à changer de stratégie pour vous rapprocher de votre objectif.

En résumé les actions adéquates posées en vue de répondre à des attentes claires et réalistes ne peuvent qu’augmenter votre degré de satisfaction.

La force de cette équation est de ne plus confier sa satisfaction à l’extérieur mais d’en prendre la responsabilité.

Nous avons tous en nous une aptitude naturelle à l’épanouissement.  Il nous appartient essentiellement de décider si nous allons, ou non, lui donner sa chance.

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